C’est un véritable retour aux sources que va vivre la pianiste Nada Loutfi le vendredi 13 octobre. L’Orchestre philharmonique du Liban l’invite à donner un concert dans le cadre de la saison du Conservatoire, et pour cette grande musicienne libanaise expatriée aux Etats-Unis, il s’agit d’un moment intense et solennel. A quelques jours de l’événement, Nada Loutfi confie ses impressions à l’Agenda Culturel. 

C’est une année très “brahmsienne” pour vous ! Disque, concert… Est-ce votre répertoire de prédilection ?
Oui, effectivement, je peux affirmer que 2017 se déroule pour moi sous le signe de Brahms ! Deux disques, sortis en mai et septembre, deux concertos, le n°1 à Beyrouth en octobre puis le n° 2 aux Etats-Unis en décembre… Brahms est absolument mon compositeur de prédilection ! Dans sa musique, je me sens chez moi émotionnellement, humainement, spirituellement et pianistiquement !!

Que représente pour vous le fait de jouer chez vous au Liban avec l’Orchestre philharmonique du Liban ?
C’est fantastique! J’attends impatiemment de poser un pied à nouveau dans le pays ou je suis née, d’en respirer l’air, de revoir les amis d’enfance, les lieux où je me sens comme une toute petite fille… et d’y jouer ce concerto qui est à mon avis l’un des plus beaux du répertoire… L’un de mes souvenirs d’enfance le plus marquant est quand j’ai entendu pour la première cette magnifique entrée du piano solo. Les larmes m’étaient venues aux yeux et j’en étais toute bouleversée… Je ne pensais pouvoir le jouer un jour car ma trajectoire du Conservatoire de Paris m’a plutôt éloignée du répertoire allemand. Or ces dernières années, c’est un style de musique qui prend une importance considérable dans ma vie.

Quels sont vos prochains projets ?
Plusieurs concerts aux Etats-Unis, une tournée en Floride, la préparation de futurs enregistrements… Je suis également très prise par mon émission de radio à Louisville dont la mission est l’éducation musicale. D’ailleurs, je suis en recherche permanente de fonds pour cette émission où je commence à recevoir de plus en plus de grands interprètes ainsi que des compositeurs.

Propos recueillis par Zeina Saleh Kayali